Victor Léon Jean Pierre CHARRETON

Né le 2 mars 1864 au château de Bourgoin (Isère). Mort le 26 novembre 1936 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). XIX°-XX° siècles. Français.
CHARRETON Victor
Peintre de paysages, fleurs, peintre à la gouache, pastelliste. Postimpressionniste.

Son père était géomètre. Victor Charreton passa son enfance à Chaumont, alla au collège de Bourgoin, puis fit à partir de 1885 des études de droit à la Faculté de Grenoble et fut en 1892 avoué près de la Cour d'Appel de Lyon. En peinture, qu'il pratiquait en amateur depuis son enfance, il reçut les conseils d'Ernest Hareux lui-même, et non de son seul traité de peinture jadis réputé, puis de Louis Japy. En 1902, il renonça à sa carrière juridique pour se vouer totalement à la peinture. En 1902 aussi, il s'installa à Paris. L'été, à partir de 1912, il rejoignait sa maison de Saint-Amant-Tallende près de Clermont-Ferrand, pays de son épouse. Il voyagea aussi : 1905 Algérie, 1912 Espagne et Angleterre, 1913 Belgique et Hollande, visitant de nombreux artistes en chemin. Il visita aussi la Corse, l'Allemagne. Il menait une vie d'esthète et d'homme de culture, amateur de poésie et de musique.

Il débuta au Salon de Lyon en 1894 avec Matin à Montpeyroux, commença d'exposer à Paris la même année au Salon des Artistes Français avec Soir d'Octobre, mention honorable en 1910, médaille d'argent en 1912, médaille d'or en 1913, hors-concours en 1914, il en fut membre du comité et du jury, et il y figura jusqu'à sa mort. Il a participé à des expositions collectives à Toulouse, Clermont-Ferrand, Roubaix, Bordeaux, ainsi qu'à l'étranger : New-York, Genève, Barcelone. En 1915, il eut une exposition personnelle à la galerie Georges Petit de Paris. Il exposa à New-York 1916, 1920, 1921, 1924, 1925, à Toledo (Etats-Unis) 1926, 1934, Pittsburgh 1933, Cleveland 1934, au Japon 1920, 1928. En 1931, il inaugurait le Musée de Bourgoin en lui donnant une vingtaine d'oeuvres, musée qui prit alors le nom de Musée Victor Charreton. Il fut aussi un des fondateurs du Salon d'Automne, dont il fut secrétaire général. En 1914, il fut fait chevalier de la Légion d'honneur. En 1972, le Musée de Montmartre organisa une exposition posthume rétrospective de son oeuvre, en 1987 et en 1989-1990 deux autres eurent lieu dans une galerie parisienne.

Il fut un paysagiste de la tradition lyonnaise, avec le goût des empâtements pigmentaires sensuels, recherchant les effets momentanés, instantanés, qu'avaient su saisir les impressionnistes, effets des heures et des saisons, de crépuscule ou de neige. Après avoir, jeune, peint les environs de Bourgoin, il fut amené en Auvergne par son mariage en 1893, et en exprima les caractères spécifiques. On estime aux deux tiers la place qu'occupent les paysages de l'Auvergne dans l'ensemble de son oeuvre. Apte à capter les infimes modifications du temps qu'il fait comme du temps qui passe, il était apte à capter l'esprit des lieux nouveaux. Outre son Dauphiné natal et l'Auvergne d'adoption, il fut ainsi sensible aux charmes de l'Ile-de-France, du Paris de Montmartre, du Jardin du Luxembourg ou du Parc Montsouris, de la Provence, de la Creuse, de la Bretagne. Mais, on ne trouve aucune trace peinte de ses voyages à l'étranger. Qu'on ne se méprenne pas, lorsqu'il est relevé qu'il peigint dans telle ou telle région, en aucun cas il n'en peignait les beaux motifs touristiques. A l'inverse, il en recherchait les aspects intimistes, des hameaux discrets, d'un humble pont sur un cours d'eau anonyme, d'un arbre commun devant une masure. Avec le flamboiement des paysages d'automne et à l'inverse de cette somptuosité chromatique, les effets de neige ont toujours eu sa faveur, la neige qui égalise tout lui étant un point de départ idéal pour magnifier la nature à partir de son apparent dénuement. Au cours de son évolution, après avoir peint des crépuscules, des contre-jours dans des demi-teintes, des couchers de soleil embués, il donna de plus en plus d'importance à la lumière et à la couleur, se situant dans la continuité de Ravier et, comme Guillaumin, un peu précurseur du fauvisme ou bien en complicité avec lui à la façon de Maurice Marinot. Son dessin évolua conjointement à l'évolution de la couleur, celle-ci vers toujours plus d'éclat, notamment dans les violets qu'il affectionnait, jusqu'à des contrastes étonnants, le dessin vers plus d'évidence, par suppression des détails non signifiants pour dégager les masses qui construisent la composition générale. Pour le situer dans son temps, précisons que Victor Charreton est né un an après Signac, la même année que Toulouse-Lautrec, trois ans avant Bonnard, cinq ans avant Matisse. Il n'a pas pris rang parmi les novateurs de l'après-impressionnisme, Gauguin, Seurat, Van Gogh ou Cézanne. Plus agé que Matisse, déjà lui-même de beaucoup l'aîné des Fauves, il s'est satisfait de les avoir précédés, sans aller jusqu'à ce qu'il considérait comme leurs outrances. Il s'est situé exactement à la charnière du siècle de l'impressionnisme finissant et du siècle des soubresauts débutés par le fauvisme. Sa vie le prouve, les thèmes majeurs de son oeuvre en témoignent, il s'est choisi régionaliste, et en tant que tel son talent et ses qualités apparaissent avec une évidence que n'aurait peut-être pas révélée une carrière plus ambitieuse.

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