Ker-Xavier ROUSSEL

Né le 10 décembre 1867 à Lorry-les-Metz (Moselle). Mort en 1944 à L'étang-la-Ville (Yvelines). XIX°- XX° siècles. Français.
Peintre de compositions mythologiques, pastelliste, peintre de compositions murales, graveur, décorateur. Symboliste. Groupe des Nabis.

Roussel
Fils d'un médecin, il fit ses études au lycée Condorcet à Paris, où déjà il se lia avec édouard Vuillard, qui deviendra en outre son beau-frère. Les études terminées, ce fut peut-être lui qui entraîna Vuillard à l'atelier d'Eugène Ulysse Napoléon Maillard, où ils rencontrèrent Charles Cottet, dont les débuts brillants les impressionnèrent. Ils s'inscrivirent ensuite tous à l'académie Julian, où ils reçurent les conseils de Bouguereau et de Jules Lefebvre. Toutefois l'enseignement de ces deux maîtres ne le comblant pas, il s'intéressa beaucoup plus à la doctrine synthétiste prêchée par Sérusier en fonction de la leçon reçue de Gauguin à Pont-Aven. Roussel s'intégra au groupe des Nabis. à partir de 1899, il fit des séjours toujours plus fréquents, où il recevait ses amis et tout particulièrement Sérusier. Il a appartenu à cette génération intermédiaire entre les impressionnistes - il connut Cézanne, Degas, Renoir, Monet - et les fauves et cubistes. Ses amis furent Sérusier, Maurice Denis, Bonnard, Vuillard.

Il participa à des expositions collectives: de 1891 à 1896 avec le groupe des XX chez le Barc de Bouteville à Bruxelles; 1893 à 1903 Les Peintres de la revue blanche à Paris; 1899 avec le groupe nabi au Café Volponi à Paris; 1900 à 1913 La Libre Esthétique à Bruxelles; à partir de 1901 au Salon des Indépendans et irrégulièrement au Salon d'Automne; 1936 Les Peintres de la revue blanche chez Bolette Natanson à Paris; 1937 Les Maîtres de l'art contemporain au musée du Petit Palais à Paris; 1938 Biennale de Venise; 1939 Foire mondiale de New-York; 1940 Lucerne; 1951 Toulouse-Lautrec et les Nabis à la Kunsthalle de Berne; 1955 et 1961 musée national d'Art moderne de Paris; 1966 Autour de la revue blanche à la galerie de Maeght à Paris; 1968 Orangerie des Tuileries à Paris; 1974 galerie Wildenstein à Tokyo; 1975 musées royaux des beaux-arts de Belgique à Bruxelles. Il a montré ses oeuvres dans des expositions personnelles à Paris: 1942 pastels à la galerie Louis Carré; 1944 galerie Maratier; 1947 rétrospective galerie Charpentier; ainsi que: 1964 galerie Wildenstein à Londres; 1965 Kunsthalle.

Ce fut sans doute Charles Cottet qui incita Roussel à adopter dès ses débuts la manière sombre de celui qui allait devenir le chef de file de la bande noire. Après les natures mortes réalistes de ses tout débuts, il a peint sous l'influence de Gauguin, du synthétisme de Sérusier, du symbolisme néotraditionnaliste des Nabis et de Cézanne, des scènes intimistes en aplats, sans être strictement cloisonnées, et aux tons encore sourds et presque lourds, qui peuvent faire penser à l'impressionnisme compact de Cézanne. Il semble qu'il ait commencé dès 1900, à peindre les scènes d'une mythologie peuplée de nymphes et de faunes, évoqués poétiquement sur fonds d'Île-de-France, qui caractérisent tout son oeuvre. Cependant ce fut surtout après un voyage effectué à bicyclette, avec Maurice Denis, de Menton à Marseille, en 1905 et au cours duquel ils rendirent visite à Aix à Cézanne peu de temps avant sa mort qu'il éclaircit sa palette pour l'adapter à ces ciels sans nuage découverts avec merveille et sous lesquels il situa désormais ses fantaisies mythologiques édéniques, renouant dans le mode mineur avec Poussin et, de plus près, avec Corot. Il eut à plusieurs reprises l'occasion de peindre cet univers heureux et détaché de la réalité, dans des décorations murales de grandes dimensions: le rideau de scène de la Comédie des Champs-élysées en 1913, une grande décoration Pax Nutrix du Palais des nations à Genève, enfin La Danse pour le Palais de Chaillot, en 1937. D'entre ses très nombreuses compositions, on retrouve plus souvent citées: Le triomphe de Silène; Polyphème; Diane; L'enlèvement des filles de Leucippe. Plus qu'un Nabi bon teint, il convient de le considérer comme un symboliste. De même que Puvis de Chavannes s'était inventé une Antiquité grecque transplantée dans la campagne lyonnaise, celui qui signait K.-X. Roussel fit évoluer ses nymphes et ses faunes d'une mythologie de fantaisie, dans les clairières des bois de la proche banlieue parisienne, réchauffée d'un soleil méditérranéen. Sa recherche de la vibration des couleurs vives sous l'éclat d'un éternel soleil s'accommoda de la technique du pastel. Il pratiqua également la lithographie.

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