Jean Marc NATTIER

Né le 17 mars 1685 à Paris. Mort le 7 novembre 1766 à Paris. XVIII° siècle. Français.
Peintre d'histoire, compositions mythologiques, sujets allégoriques, portraits, pastelliste.

Fils et élève de Marc Nattier. Il montra de bonne heure des dispositions remarquables pour le dessin. Il fut élève des Ecoles de l'Académie Royale et très probablement aussi de son parrain Jean Jouvenet, obtint un premier prix de dessin à l'âge de quinze ans.

Louis XIV lui accorda l'autorisation de dessiner, pour les faire graver, les Rubens de Luxembourg. Il était occupé à ce travail lorsque le duc d'Antin, sur la prière de Jouvenet, lui offrit une place à l'Académie de Rome pour y poursuivre ses études. Nattier, qui paraît avoir eu toute sa vie la préoccupation de l'argent, préféra continuer son "affaire". En 1714, il épousa par amour la belle Marie-Madeleine de la Roche, qui lui donna quatre enfants : un fils, Nicolas Nattier, qui fut peintre et se noya dans le Tibre, trois filles dont l'une épousa le peintre Michel-Ange Challe, l'autre, le peintre Tocqué, la troisième, M. Brohier, secrétaire d'ambassade. Après la mort de Louis XIV, M. Le Fort ministre de Pierre-le-Grand emmena notre peintre à Amsterdam où se trouvait le Tsar. Nattier exécuta le portrait de ce souverain, celui de l'impératrice Catherine et de plusieurs personnages de la cour de Russie ; il peignit une Bataille de Pultawa, mais il refusa les offres de l'Empereur, qui voulait l'emmener en Russie, sa femme ne pouvant accepter l'idée de s'expatrier. Revenu à Paris, Nattier y fut nommé académicien le 29 octobre 1718, avec Persée pétrifiant Phriné en lui montrant la tête de Méduse (au Musée de Tours) ; adjoint à professeur le 26 mars 1746, professeur le 29 mai 1752. Se laissant prendre aux alléchantes promesses de Law, il engagea toute sa fortune dans les entreprises du financier écossais et fut complètement ruiné lors de la débâcle de celui-ci. Ce ne fut, du reste, qu'une ruine momentanée.

Nattier, qui avait pris part en 1725 à l'Exposition de la Jeunesse, place Dauphine, figura régulièrement au Salon de 1737 à 1763. Sur les conseils de Raoux, Nattier avait modifié sa forme première pour adopter une expression plus gracieuse, se prêtant à merveille aux portraits sous les dehors d'une agréable mythologie. Gresset l'appela "l'élève des Grâces" et son succès fut considérable. On l'a accusé d'avoir peint "avec du fard" et d'avoir mis dans ses oeuvres un maniérisme exagéré. Il semble qu'il fut surtout l'expression de la mentalité de son époque avec les défauts et les qualités de celle-ci. Si son art et factice et théâtral, son pinceau est gracieux et spirituel ; sa couleur est d'une exquise délicatesse. Il fut, par excellence, le portraitiste de la cour de Louis XV. A la fin de sa carrière ses ouvrages furent l'objet de violentes critiques, notamment de la part de Diderot, et après avoir connu les succès les plus flatteurs il se vit l'objet de la disgrâce publique. Des deuils de famille, la maladie, vinrent encore attrister la fin de sa carrière.

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