Jean Frédéric BAZILLE

Né le 6 décembre 1841 à Montpellier. Mort le 28 novembre 1870, tué au combat de Beaune-la-Rolande. XIX° siècle. Français.
Peintre de compositions religieuses, portraits, nus, paysages, natures mortes.

Fils de Gaston Bazille, viticulteur qui deviendra sénateur de l'Hérault en 1879, et de Marguerite Vialars, Frédéric Bazille n'avait pas quinze ans lorsque, traduisant l'enchantement des vacances, il écrivait du Rhône : "On dirait du bleu de Prusse qui coule". Le meilleur biographe de Frédéric Bazille et excellent critique de son oeuvre trop brève, M. Gaston Poulain, pense que cette phrase est d'un garçon déjà au courant des choses de la peinture. Sa famille ne l'y destinait point, mais elle était en relations avec Alfred Bruyas, qui tenait presque en face de chez les Bazille un cénacle où trônèrent tour à tour des maîtres d'esprit aussi opposés que Cabanel et Courbet. Cependant la famille Bazille se souciait d'une situation stable pour Frédéric qui se laisse inscrire à la faculté de Médecine de Montpellier ; on lui permettrait la peinture comme récréation. Il prend avec les Baussan, modestes modeleurs, des leçons de dessin qui bientôt ne lui suffiront plus. Il lui faut Paris où l'atelier de Gleyre le verra plus assidu que l'Ecole de Médecine. C'est en 1862. Ses camarades d'atelier seront le vicomte Lepic, fils de l'aide de camp de l'Empereur, à qui son père a installé un atelier au Louvre ! L'imagination du petit provincial en sera frappée un instant, avant ce moment où un jeune Havrais nommé Monet fera dans son existence une entrée déterminante. Avec un autre condisciple, ami de Monet, Villa, le médecin manqué partagera son premier atelier. Par Monet il découvre le plein air en se passionnant pour Manet et Courbet. Il ne quittera l'atelier de Gleyre qu'à sa fermeture. Il n'y eut donc aucune révolte contre l'enseignement du maître, très libéral et qui engageait ses élèves aux études personnelles devant la nature. Notons, en 1864, un court séjour à Sainte-Adresse, avec Monet. En 1865, Bazille qui passe chaque été dans sa famille, à Montpellier ou à Méric, se rend d'abord à Chailly, près de Barbizon, chez Monet pour lequel il pose deux personnages du Déjeuner sur l'herbe, peignant entre les poses une Lisière de forêt, dans la première manière, sombre encore. A Méric, il fera le portrait de sa cousine Thérèse des Hours : Jeune fille dans un parc. Un an plus tard, on le trouve habitant avec un ancien camarade de chez Gleyre : ce Renoir si pauvre qu'il ramassait les tubes abandonnés pour en tirer encore quelque chose. Mentionnons qu'il aida souvent, étant d'un milieu familial plus fortuné, ses camarades à vivre et à travailler, notamment Monet et Renoir. Ayant peint un portrait de Renoir, Bazille envoie au Salon de 1866 une Nature morte aux poissons. C'est en 1867 que la forme méridionale de son talent se révèle avec des Paysages d'Aigues-Mortes, les Lauriers-roses et la seconde Réunion de famille (Louvre), oeuvre qu'il exposera au Salon de 1868. Le voici lié à Edmond Maître, dont il fait plusieurs portraits, à Stevens aussi. Italienne chanteuse des rues met en valeur son sens du tragique ; en 1869 il peint les Baigneuses qu'on verra au Salon de 1870.

Durant l'hiver de 1869, le jeune artiste qui va bientôt disparaître, livre beaucoup de lui-même à la camaraderie, à la vie d'atelier et à la vie de café propice aux ardentes discussions. On le voit au café Guerbois, il pose pour l'Atelier de Fantin-Latour et il peint deux tableaux : Négresse aux pivoines et La Toilette. L'été de 1870 lui laissera le loisir de peindre un Paysage et ce Jeune homme pêchant à la ligne qui l'approche le plus des impressionnistes. Mais la guerre éclate. Tout aussitôt, Bazille s'engage dans un régiment de zouaves, est envoyé à Philippeville, mais se trouve parmi les premiers renforts envoyés en France ; nommé sergent, il est tué au combat de Beaune-la-Rolande. Des oeuvres de lui ont été exposées à la Centennale d'Art Français à l'Exposition Universelle de 1900, puis une rétrospective de son oeuvre est organisée au Salon d'Automne de 1910, en 1927 enfin à Montpellier. Beaucoup de ses oeuvres sont dans des collections particulières. En appendice à son Bazille et ses amis, M. Gaston Poulain a dressé le catalogue de l'oeuvre. De la Femme nue de dos (1864), au Jeune homme pêchant, il compte quarante-quatre oeuvres. Viennent ensuite : une copie du Mariage mystique de sainte cathérine, d'après le Véronèse de Montpellier, offerte par M. Gaston Bazille à l'église de Beaune-la-Rolande où elle se trouve encore, une toile attribuée : Enfants déguisés en mariés, la liste des toiles perdues, une vingtaine, dont un portrait de Verlaine, enfin la nomenclature des dessins, dont la plus grande partie est conservée au Cabinet des dessins du Louvre.

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