Guillaume GROHE (1808-1885)

Né à Winthersheim dans le Grand-Duché de Hesse-Darmstadt, le 9 février 1808.

Grohé
Il vint à Paris avec son frère Jean-Michel, et débuta comme ouvrier-ébéniste. En 1829, les deux frères créèrent une maison de commerce pour la fabrication et la vente de meubles et objets d'art, qui prit un rapide développement puisqu'ils se faisaient déjà remarquer par leur envoi à l'Exposition des produits de l'industrie française de 1834. Il habita avec son frère aîné, d'abord 107, rue de Grenelle puis 30, rue de Varenne en 1841, au 88 vers 1855, et 7, avenue de Villars de 1861 à 1884. Il n'y eut primitivement pas d'acte d'association mais le 15 avril 1847, peu de jours avant son mariage, il s'associa par acte sous signature privée avec Jean-Michel et la maison prit la raison sociale GROHE FRERES.

Le 22 mars 1847, âgé de 39 ans , il épousa Emilie-Anne Prély, de vingt ans sa cadette ; son frère était son témoin. La portion lui appartenant dans la société nouvellement créée fut évaluée 100 000 F ; il possédait aussi avec son frère la moitié d'un immeuble 42, rue de Bourgogne ; sa femme était rentière. De cette union naquit en 1849 Michel-Guillaume, mais le bébé ne vécut qu'un mois.

Sa réussite fut considérable et due à son talent seul. Il acquit des immeubles dans Paris, 88, rue de Varenne, 54, et 56, rue de Bourgogne, 4, avenue de Villars, 74, route de Châtillon à Montrouge. Il obtint la Légion d'honneur en 1849 et fut ensuite promu officier. En 1861, son frère aîné se retira à Montrouge, le laissant seul à la tête de l'entreprise qu'il continua à diriger jusqu'en 1884. N'ayant pas de successeur, il fit vendre aux enchères, du 18 au 21 février 1884, les meubles garnissant ses magasins, vendit l'immeuble de l'avenue Villars et se retira avec sa femme à Neuilly-sur-Seine, 36, avenue du Roule, où il mourut le 6 avril 1885. Il fut un des principaux ébénistes de son époque. Il acquit en quelques années une brillante réputation et se spécialisa dans le meuble de style. Il fut en effet fournisseur du roi Louis-Philippe, des princes et princesses, de l'empereur Napoléeon III et de l'impératrice Eugénie, et après 1862, de la reine d'Angleterre. Le duc d'Aumale lui confia l'ameublement de Chantilly, Mme Pelouze celui du château de Chenonceaux. Pour se rendre compte de sa célébrité, il suffit de relever quelques passages d'un article de Maxime Boucheron paru dans le Figaro du 19 janvier 1884. Son contemporain parle de lui en ces termes : Un célèbre industriel qui fut aussi l'un des grands artistes de son temps... digne continuateur de Boulle, Gouthière et des Riesener, véritable grand maître de l'ébénisterie artistique au XIX° siècle. Une carrière de plus de cinquante années, exclusivement consacrée au relèvement et à la reconstitution d'un art national entre tous... a rempli nos musées, nos palais nationnaux de chefs-d'oeuvres incomparables. Son influence sur le grand art industriel a été décisive. Il a assuré la prépondérance du goût français dans l'ameublement de luxe et les modèles que son beau talent a créés assurent pour longtemps à notre pays cette glorieuse suprématie artistique... Il participa et brilla aux nombreuses expositions et devint membre du jury dans les Expositions Universelles. A l'Exposition Universelle de 1878 il est vice président, membre des comités d'admission et d'installation. D'après le rapport, il est le maître incontesté de l'ébénisterie moderne on a épuisé à son égard toutes les formes de l'éloge, comme il a épuisé toutes les séries de récompenses. Il est placé hors concours comme membre du jury. Les amateurs savent bien que c'est chez lui qu'il faut chercher ces beaux meubles de grand style qui égalent ceux qu'ils rappellent sans les copier.

Christophe Lachaux antiquaire
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